Les mots ont un sens !

Intervention de Johanne Guex au Conseil général – Amendement Gilles Fellay sur la révision du RCG concernant le langage épicène (05.11.19)

Madame la Présidente du CG,
Monsieur le Président de la Ville,
Mesdames et Messieurs les membres du Conseil Municipal,
Chères Collègues,

Je donnerai à mon propos le titre suivant : les mots ont un sens !

Le langage n’est que le miroir de notre société. Non seulement, il la reflète mais il la façonne aussi. Le langage n’est ni figé ni neutre. Les grammairiens du XVIIe siècle ainsi que l’Académie française, exclusivement masculine puisqu’interdite aux femmes, l’avaient bien compris puisqu’ils se sont entendus pour faire du masculin la forme grammaticale dominante et supprimer certains termes féminins, ex. autrice, médecine, pour signifier que ces métiers n’étaient accessibles qu’aux hommes.

« Le masculin générique inclut le féminin » me direz-vous ?

La recherche scientifique sur le langage démontre que l’usage du masculin ne permet ni la représentation mentale neutre encore moins la représentation mentale mixte. Dit autrement, notre cerveau n’arrive pas à dépasser le sens des mots dit spécifique, c’est-à-dire que s’il entend du masculin, il va penser « homme ». C’est un automatisme. Nous n’en pouvons rien et nous ne pouvons donc pas non plus l’empêcher.

Notre langage influence donc notre manière de penser.

Comment donc rendre notre langage plus représentatif de la population générale et plus égalitaire en termes de droits pour les femmes et les hommes ?

Cela semble relever du casse-tête ? Et bien non !

Figurez-vous qu’il y a un moyen très simple et gratuit de faire preuve d’un peu plus d’égalité ; RENDRE LE LANGAGE PLUS INCLUSIF en donnant la même place au féminin et au masculin lorsque nous écrivons, par exemple un règlement, ou lorsque nous parlons.

C’est pourquoi je trouve navrant voire scandaleux qu’en Suisse en 2019 lorsque 12’000 personnes défilaient dans les rues de Sion le 14 juin pour réclamer les mêmes droits entre femmes et hommes, l’on puisse oser rédiger un règlement du conseil législatif de la capitale du Canton exclusivement au masculin.

Dès lors, si cet amendement devait être accepté, l’ADG dans son ensemble refuserait la révision complète du RCG.

Ce texte ayant été rédigé en langage épicène, je suis convaincue que peu de gens dans cette assemblée auront été profondément heurté et blessé par cette manière de faire.

Je vous propose donc de refuser l’amendement de M. Fellay concernant la révision du RCG.

Pour l’AdG,

Johanne Guex